lundi 18 octobre 2010

Paypal sur mobile : 39è MobileMonday à La Cantine.

Ce soir à la Cantine se tenait la conférence organisée par Paypal sur les solutions de paiement mobile.

Bertrand Jonquois, membre du bureau de la Mobile Marketing Association France (MMA) et rapporteur de la commission applications mobiles, nous aide à comprendre comment les gens font du m-commerce.

Une étude de Lightspeed Research menée en Mai 2010 en Angleterre, Allemagne et France met en évidence les 3 modes de consommation du m-commerce :

1. L’achat de sonneries ou applis (incluant l’envoi de SMS) : représente au niveau mondial un chiffre d’affaires de 4,2 Md $ et 2,5 Md d’applications téléchargées dans le monde uniquement via les appstores

2. Le e-commerce via téléphone mobile (c.a.d. l’achat de produits) : l’exemple le plus parlant est celui d’Ebay qui a réalisé en 2009 600 M$ de chiffre d’affaires uniquement grâce à son appli iPhone. Ils anticipent 1,5 Md $ pour l’appli iPhone en 2010 (et Thierry Chopard de Paypal croît que le chiffre sera en fait bien plus important).

3. L’attraction des consommateurs vers des magasins physiques grâce aux couponing et à d’autres types d’incentifs d’achat. Un excellent exemple de cet usage est aujourd’hui représenté par Foursquare.

L’étude conclut que 1/5 des acheteurs anglais achètent déjà par mobile (il s’agit du pays le plus avancé).

45-50% achètent des tickets ou des produits. 1/5 le fait grâce à Paypal.

Thierry Chopard, Manager Business Development Paypal explique que 20-25% des gens font déjà des transactions sur mobile : 5 millions possèdent un iPhone et 5 millions de français surfent sur mobile : cela représente des chiffres importants et il est fort temps que les commerçants se mettent sur le marché de la vente mobile.

Le véritable coup de pouce au marché sera donné par Android qui représente déjà 33% des ventes mobiles aux Etats-Unis et 19% en Europe de l’Ouest. Les opérateurs d’ailleurs sont en train de pousser Android très fort dans leurs offres.

Rakuten (qui a récemment racheté Price Minister) a réalisé au Japon 20% de ses ventes sur mobile (>100 Md$).

Paypal représente 140M$ de transaction mobiles en 2009 et prévoit de dépasser les 500M€ en 2010 avec comme principal marché les US.

En France, Paypal dépasse les 10 millions de comptes dont 5 millions sont actifs.

Aujourd’hui la facturation sur mobile passe principalement par les opérateurs pour l’achat de contenu digital. Les opérateurs facturent 20 Md$ dans le monde dont 7 Md$ en Europe et 500 M$ en France.

Mais si le m-commerce veut passer à la vitesse supérieure il faudra trouver d’autres moyens. La carte bancaire n’est pas un outil adapté pour les transactions mobiles : en effet il y a trop d’informations à saisir, notamment les adresses de livraison, et cela prend trop de temps. L’achat en mobilité peut se faire entre deux stations de métro : il faut qu’il soit simple à réaliser. De surcroît à chaque nouvelle page de saisie le taux de drop (abandon d’achat) augmente. A cela se rajoutre un frein certain des utilisateurs qui n’ont pas envie de saisir leurs informations de carte sur un mobile qui pourrait être volé.

Pour toutes ces raisons Paypal peut être une solution performante de développement du m-commerce.

Paypal a développé des applis pour iPhone, Blackberry et Android. Plusieurs vidéos sont disponibles sur YouTube pour illustrer comment envoyer de l’argent à ses amis par « bump ». Pendant les vacances, Paypal aux Etats-Unis a intégré la possibilité d’envoyer des dons aux associations caritatives. Dernièrement une autre fonctionnalité Paypal a fait beaucoup parler d’elle aux US : la possibilité d’encaisser un chèque simplement en envoyant sa photo recto-verso prise avec l’iPhone. 100000 $ de transaction ont été ainsi réalisées en 36 heures.

Paypal travaille sans relâche pour enrichir constamment l’application.

Désormais un bouton « pay with Paypal » est intégré à l’appli Ebay dans les pays anglophones. Les transactions faites avec Paypal sur Ebay sont garanties à 100% pour les acheteurs comme pour les vendeurs.

Aujourd’hui les commerçants ont le choix entre 3 formules d’intégration de Paypal :


  1. In-app purchase, c’est-à-dire paiement Paypal intégré directement dans l’application. Une Mobile Payment Library est disponible sur www.x.com
  2. Transfert sur smartphone : les commerçants qui ont déjà intégré Paypal sur leur site peuvent très facilement le transférer aussi sur les smartphones (iPhone et Android) grâce à Paypal Express. C’est le cas, par exemple de Layar et PhotoService, qui ont intégré Paypal mobile.
  3. Les opérateurs peuvent intégrer Paypal au niveau des API (native application). L’écran est le même que lorsque le consommateur a une appli Paypal. Cela sert à rassurer le client final et à lui donner des repères.


L’utilisation de Paypal permet de customiser son paiement : l’adresse de l’utilisateur, déjà saisie sur son compte Paypal en ligne, est automatiquement insérée lors d’un achat mobile. Elle peut être modifiée si nécessaire ; autrement elle n’a pas besoin d’être re-saisie.

Comment le m-commerce peut aller plus loin ?

Quelques exemples :

Redlaser (racheté par Ebay) est un scanner de codes barres. On peut imaginer une utilisation où l’on scannerait un code barre en magasin, on obtiendrait en temps réel un comparatif de prix et on pourrait acheter l’objet directement sur mobile au prix le lus bas.

Une autre utilisation permettrait d’effectuer et matérialiser un achat totalement par mobile : par exemple on pourrait acheter un billet sur mobile, obtenir un code 2D et faire scanner ce code directement à partir du téléphone.

Paypal a développé en Mai 2010 une appli iPhone « fun » et gratuite qui s’appelle Bump et sert à s’échanger des paiements entre amis par un simple tapotage entre deux téléphones.

Layar a développé une appli iPhone qui permet de rajouter une couche de réalité augmentée à l’appareil photo afin d’être guidés vers des lieux d’intérêt.

Question du public : quid de Square en Europe ? Les paiement par des services type Square peuvent difficilement se développer en Europe car nos cartes sont dotées d’un chip (système Pen or PIN). Mais il y a des constructeurs en Europe qui poussent le sujet.

Question du public : est-ce que Paypal a un statut de banque ? Oui en Europe Paypal a un statut de banque domiciliée au Luxembourg. Cela est du à la règlementation européenne. Mais Paypal ne se considère pas comme une banque mais comme un facilitateur de paiements. Ce qui est intéressant est qu’aujourd’hui beaucoup de banques revendent Paypal. Elles le font en particulier avec les petits commerçants qui se lancent dans le e-commerce, à qui elles conseillent l’utilisation de Paypal plutôt que celle de paiement bancaire en ligne. Paypal travaille beaucoup avec les banques au niveau des couches basses.

Bling Nation est une start-up qui propose l’utilisation de Paypal pour le paiement en caisse à travers des tags RFID qui permettent également d’obtenir des réductions et des avantages.

Pauline Herbinet nous parle de l’intégration de Paypal dans l’application mobile d’Aquarelle, première appli de vente de fleurs sur mobile. Aquarelle.com, fleuriste en ligne, a lancé il y a 1 mois (le 14 Septembre 2010) une application marchande sur iPhone. L’iPhone a été choisi car sa fonction zoom se prête bien au type de biens vendus. L’application se veut ludique : elle consiste en un jeu de grattage qui permet d’obtenir des offres de prix plus intéressantes que sur le site internet (et bientôt même un bouquet gratuit). Après le jeu on commande.

Après un mois de test les résultats sont encourageants :

Le taux de transformation est de 10%

Plus de 50% de nouveaux clients ont commandé via l’appli

L’intégration de Paypal a été facile et 10% des commandes sont passées via Paypal

La pénétration de Paypal sur téléphone mobile est le double par rapport au web

Olivier Binet de Paypal nous parle de comment on peut monétiser ses idées.

Il y a un an Paypal s’est dit que ce ne serait pas eux qui allaient inventer les modes de paiement du futur, mais que ce serait les utilisateurs qui le feraient, Paypal se limitant à leur en fournir les outils. C’est comme ça qu’est né www.x.com, une plateforme d’API pour les développeurs qui souhaitent intégrer des solutions Paypal à leurs applications. On peut jouer avec les API dans un environnement test appelé le « bac à sable » avant de les ingtégrer à sa propre application ?

3 idées sur l’évolution de l’utilisation du mobile :

1. Le mobile va devenir un portemonnaie, et donc garantir les mêmes fonctionnalités que celles que j’ai avec un portemonnaie réel : échange de cash entre personnes, encaissement de chèques, cartes de fidélité, bons de réduction, etc.

2. Le mobile nous amènera quelque part, il nous conduira en particulier vers les lieux de vente. L’application Bling Nation a été développée pour que l’on puisse utiliser le téléphone comme moyen de paiement en caisse sur le lieu de vente.

3. La monétisation aura lieu dans les différentes plateformes de téléchargement d’applis : la question qui se pose est comment créer une cinématique de paiement qui permette aux fabricants (de tablettes, de téléviseurs, de devices connectés) de payer rapidement des développeurs d’applis pour leur plateforme tout en prélevant leur commission sur les ventes ? Cela était par exemple le cas d’Archos qui souhaitait mettre en relation un acheteur de tablette Archos avec un développeur de jeux en prélevant sa commission au passage. Cela a été possible grâce aux API proposées par Paypal et Archos a développé AppsLib.

Rémi Durand, directeur marketing chez Archos, explique que leur volonté est de procurer aux développeurs de nouveaux marchés en dehors des smartphones.

Depuis qu’AppsLib a été développé, chez Archos on est passé très rapidement de 300 applis à 10000 et les chiffres augmentent d’environ 200 applis par jour : le coefficient démultiplicateur est énorme ! Ils travaillent avec Gameloft et Electronica.

La répartition des revenus est de 70% pour le développeur et 30% pour Archos.

Paypal offre la simplicité de paiement et aussi la possibilité de changer à tout moment de mode de paiement (par exemple si une carte a été piratée). En outre, Paypal bénéficie d’une présence mondiale, point très important pour Archos.

Archos a opté pour le renforcement des solutions Paypal, déjà extrêmement sécurisées, par un code PIN que seul l’utilisateur connait.

Sur le web le taux de fraude avec Paypal est deux fois inférieur à l’utilisation d’une carte bancaire.

vendredi 25 juin 2010

Stéphane Richard - France Télécom Orange - débat organisé par Les Echos

Ce soir se tenait à la Galerie Colbert, rue Vivienne à Paris, une conférence-débat organisée par Les Echos  qui avait pour invité d'honneur Stéphane Richard, patron de France Télécom - Orange.

Parmi les animateurs du débat, Philippe Escande, éditorialiste des Echos et excellent observateur des tendances de la révolution numérique.

Vous trouverez ci-dessous un compte-rendu exhaustif des questions-réponses de la soirée.

Introduction de Philippe Escande :
France Télécom a vu une succession de patrons avec des styles bien différents : Michel Bon en 1995, ensuite Thierry Breton, manager de guerre, qui le premier a imposé la contrainte des tensions budgétaires, et puis Didier Lombard qui a poursuivi une mutation à marche forcée.
Fin 2009 c’est l’arrivée de Stéphane Richard, ancien Directeur de Cabinet de Christine Lagarde, HEC, ENA, Inspection des finances.

Les Echos : L’entreprise doit répondre aux marchés. La croissance des télécoms est révolue. Comment réveiller le marché des télécoms ?

Stéphane Richard : ce qui frappe en arrivant chez France Télécom c’est sa force, sa puissance. Le groupe compte 180.000 salariés, 50 Md € de chiffre d’affaires, une marge de 16 Md€ et 8 Md€ de cash flow libre. Il s’agit d’un groupe qui aujourd’hui a une situation financière saine. C’est le 5ème groupe mondial de télécom. Il a le meilleur rating. Pour donner un exemple, lorsque FT va sur le marché des obligations en euros, ils empruntent à des taux inférieurs à ceux de l’état français. L’activité est équilibrée entre la France et l’international (50-50). L’équilibre est aussi dans les pays : France Télécom est présente dans un peu plus de 30 pays : aucun n’est en situation déficitaire. Cette présence est un atout de taille.

Je constate une certaine noirceur dans le regard des marchés sur l’industrie des télécoms. Personne ne voit de croissance ou d’avenir chez les opérateurs télécoms, que l’on appelle souvent tout simplement des « carriers », des transporteurs de données. On voit les télécoms comme une valeur de rendement non pas comme une valeur de croissance. En général le secteur est composé d’entreprises dont le CA est stable ou en légère croissance.

La première question à laquelle on a envie de s’attaquer est celle des vecteurs de croissance dans cette industrie. Il y a un décalage entre la puissance des groupes télécom internationaux (des groupes comme Telefonica, France Télécom, Deutsche Télécom et Vodafone représentent à eux seuls 1 millions de salariés) et la perception du marché.

Je pense que les vecteurs de croissance du secteur sont partout : dans les usages, dans les abonnés… Aujourd’hui il ya 5 milliards de téléphones mobiles en activité dans le monde. On ira rapidement vers un téléphone par habitant sur la planète. En Egypte, par exemple, France Télécom compte 26 millions de clients : c’est plus qu’en France. Par ailleurs, on assiste à l’arrivée des réseaux à très haut débit dans le fixe et le mobile qui va déboucher vers une formidable explosion des usages. Donc il y a de la croissance !

Je pense que France Télécom doit revenir à son corps de métier et capter une part de la croissance et de la valeur future. Il y a 3 vecteurs majeurs de croissance :

1. Les réseaux : je pense que l’on a été un peu loin en disant que les réseaux devenaient une sorte de commodité. On constate aujourd’hui que beaucoup d’investissements sont encore nécessaires pour moderniser ces réseaux. Les acteurs avec la capacité de créer de réseaux à haut débit auront une position de force. Ces réseaux performants représentent une forme de rareté. La gestion du trafic va devenir clé. Déjà aujourd’hui le trafic sur les réseaux mobiles représente 3 fois la voix et la data sur les réseaux fixes. Le mobile est un réseau qu’il faudra partager à tout moment avec d’autres opérateurs. Il s’agit d’un vrai gisement de croissance et de valeur pour France Télécom. Cela permet aussi de compenser les impacts négatifs de la régulation. A France Télécom nous sommes convaincus qu’il y a -en matière de tarifications- des nouvelles voies à explorer.

2. Développement des services et des usages. Les services sont le plus souvent amenés par des acteurs « over-the-top » (notamment les acteurs américains d’internet). Mais dans les services l’opérateur a un gros point de force : il est le seul a avoir une relation directe avec le consommateur final (France Télécom a 200 millions de clients avec lesquels il est en contact par le biais d’une facture). Chez France Télécom 3000 personnes travaillent en R&D sur les nouveaux services et les nouveaux usages des terminaux connectés. Les axes d’investigation de la R&D sont ensuite traduits en offres concrètes. Actuellement il y a à peu près 1000 développements en gestation qui vont du mobile banking au mobile payment.

3. International : il y a encore beaucoup d’endroits dans le monde où les taux de croissance sont à deux chiffres soit parce qu’il y a encore des poches de croissance soit parce que les marchés sont sur des modèles « pre-paid » (cartes prépayées) qu’il faudra transformer en « post-paid » (formules d’abonnement). En terme de présence internationale France Télécom mise énormément sur l’Afrique et le Moyen-Orient. Il faut faire de la croissance organique sur ces pays. Le phénomène du haut débit mobile est très important en Afrique car il permet aux africains d’accéder à internet, les réseaux filaires étant quasi-inexistants. France Télécom travaille avec Apple sur l’idée d’un smartphone pour le marché africain (prix objectif = 100 USD, soit beaucoup moins cher qu’un smartphone en Europe ou aux US). Les relais de croissance pour France Télécom seront vraiment en Afrique et au Moyen-Orient.

Les Echos : pourquoi l’intérêt de France Télécom pour le Monde en tandem avec Perdriel ?

Stéphane Richard : je n’ai jamais dit que FT n’avait pas de stratégie d’investissement dans les contenus. 400 millions d'euros par an sont actuellement consacrés à l’achat de contenus, mais la stratégie d’achat de contenus a besoin d’être actualisée. Je suis en faveur de modèles ouverts et non pas de modèles fermés : des modèles fermés (type le football, ndr) ne sont pas soutenables sur le long terme. La distribution de contenus en exclusivité aux abonnés ne sera d’ailleurs bientôt plus possible. De ce fait, je cherche un partenariat dans les contenus axé sur la technologie, d’où l’intérêt de devenir partenaire minoritaire d’un groupe de presse et d’avoir accès aux contenus numériques : capitaliser sur l’audience internet d’un journal connu comme le Monde ne représente pas une contradiction.

Les Echos : on débat beaucoup de la neutralité du net avec l’idée que les gros fournisseurs de contenus (Google, Youtube, …) devraient payer pour l’utilisation des réseaux. Allez-vous pouvoir leur faire payer une facture ?

Stéphane Richard : sur les réseaux mobiles on est tous confrontés à un problème de congestion, car un petit nombre d’utilisateurs pompent la grande partie de la bande passante. France Télécom ne peut pas garantir que l’ensemble des contenus soit gérable avec les mêmes grilles tarifaires et la même qualité de service pour tous. Une discrimination par la qualité et par le prix peut tout à fait être imaginée demain : il n’y aurait rien de scandaleux et de toutes les façons on va bien être obligés d’en arriver là. Je me suis entretenu avec Sergey Brin, co-fondateur de Google, et c’est lui-même qui m’a suggéré de différencier par qualité de services et prix.

Les Echos : pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec Steve Jobs ?

Stéphane Richard : Les iPhones représentent une petite partie des téléphones en circulation. A la rentrée en Septembre il va y avoir d’autres acteurs qui rentreront dans l’arène concurrentielle à la fois avec des nouveaux smartphones et de nouvelles tablettes.
France Télécom est le deuxième client d’Apple dans le monde. Sur un an ils achètent 1,7 millions d’iPhones sur 30 millions de téléphones au total. Apple est passionné par le projet africain de smartphone à bas prix. Jobs n’est pas un homme de chiffres mais un homme de produits. Il a passé par exemple 10 minutes à m’expliquer pourquoi l’iPad était le BON format de tablette. Il est impressionnant par sa force. Il doit être terroriste dans la construction de ses produits et les exigences de qualité. Il mange tous les midis avec ses employés à la cafétéria et va trainer à l’Apple Store à Palo Alto pour parler avec ses employés.

Les Echos : on a l’impression que France Télécom veut mettre des obstacles sur la route du quatrième opérateur de téléphonie mobile Free.

Stéphane Richard : nous n’avons pas obligé Free à acheter la 4ème licence 3G. Si ça avait été l’affaire du siècle il y aurait d’ailleurs eu d’autres candidats ! Free était seul et savait parfaitement qu’il n’y avait aucune sécurité sur l’itinérance 3G. Maintenant il est confronté aux gros investissements tels l’implantation d’antennes et trouver des emplacements, etc. Et ce n’est pas facile. France Télécom a investi des milliards d’euros pour construire son réseau 3G : pourquoi serait-il obligé de le partager avec Free ? L’autorité de régulation ne s’est pas exprimée clairement sur ce sujet. Mais s’ils obligent les opérateurs existants à ouvrir leurs réseaux 3G pour Free, alors ils devraient refaire l’appel d’offre, car d’autres concurrents ne se sont pas présentés à cause justement de l’absence d’itinérance 3G.

Question du public : si les médias vous intéressent, pourquoi ne pas avoir visé le Parisien, plutôt que le Monde comme journal ?

Stéphane Richard : Orange ne veut pas être le pivot d’un projet de reprise. Si un journal compatible avec nos objectifs nous propose une participation minoritaire, et si la reprise du Monde ne marche pas, on pourrait s’y intéresser.

Question du public : convergence fixe-mobile. Dans combien d’années les lignes fixes auront-elles disparu ?

Stéphane Richard : personne ne mise sur la disparition des réseaux fixes. D’ailleurs les réseaux mobiles ont besoin d’avoir un backbone fixe. Il n’y aura pas un réseau qui l’emporte sur un autre. La télésanté, le télétravail, la télé-éducation auront besoin de réseaux fixes : d’où l’intérêt du réseau à haut débit fixe qui est la fibre. Le réseau cuivre perd entre 400 et 500.000 lignes par an. France Télécom doit gérer la transition entre le réseau cuivre et le réseau fibre, mais n’est pas dans une logique de transition entre fixe et mobile.

Question du public : Et la Tribune ? Et Noos ?

Stéphane Richard : l’information est l'un des principaux contenus que les internautes vont rechercher sur la toile, donc France Télécom ne peut pas ne pas s’y intéresser. Aujourd’hui ils travaillent avec tous les journaux.

Question du public : la gratuité. Quelle est votre vision de la transhumance d’un modèle gratuit à un modèle payant de consommation du contenu ?

Stéphane Richard : c’est un combat qui est difficile mais qui est certainement indispensable, car le mécénat a des limites. La révolution numérique doit faire émerger un modèle économique pour monétiser les contenus. Je suis un peu remonté contre des acteurs qui entretiennent le modèle de la gratuité tout en se finançant grâce à la captation de la recette publicitaire, Google pour ne pas les citer. Internet doit être ouvert mais également équitable, afin que tous les acteurs y trouvent leur compte. Il faudra aller vers des solutions d’abonnement ou d’agrégation de contenu. Le numérique est une formidable opportunité pour la presse pour élargir la diffusion (vis-à-vis du papier qui décline). Face à cette situation deux attitudes sont possibles. Soit on considère que le monde change et qu’on y peut rien : c’est une manière de voir les choses ; soit on essaye de faire évoluer les choses : France Télécom ambitionne d’être un acteur qui permet une répartition équitable des ressources.

Question du public : il y a-t-il des logiques d’alliance à l’international, comme celle qui a été mise en place en Angleterre ?

Stéphane Richard : Les environnements réglementaires ne sont pas encore prêts pour cela. En Suisse, par exemple France Télécom n’a pas réussi à convaincre l’autorité anti-trust. Il y a une forte fragmentation de la réglementation dans chacun des pays européens : c’est un problème par rapport à la Chine ou aux Etats-Unis. En Europe il y a 160 opérateurs télécom contre une dizaine aux Etats-Unis et quelques-uns en Chine.

Question du public : est-ce que le prix très élevé des licences UMTS n’a pas été à l’origine de l’inexorable déclin de certains acteurs télécoms européens tels que Nokia ou Siemens ?

Stéphane Richard : France Télécom travaille avec des équipementiers Européens. Il ne faut pas être trop pessimistes. Les européens peuvent être tout à fait compétitifs sur la LTE. Par exemple France Télécom a construit un centre avec Alcatel Lucent qui maitrise très bien cette technologie.

Les Echos : est-ce que la page des difficultés sociales de France Télécom est tournée ?

Stéphane Richard : Non. Je passe beaucoup de temps avec les instances des salariés et la médecine du travail. La crise qui a secoué France Télécom n’a pas été une simple bourrasque sociale. Les salariés sont dans un malaise très profond qui prend ses racines dans l’impression d’une absence de projets, dans le vieillissement des instances sociales. Il faut apporter une transformation profonde qui prendra du temps et sera longue. Il’ s’agit d’une reconstruction profonde de l’entreprise qui est un travail de longue haleine. Aujourd’hui le dialogue a été ouvert. Parfois il est dur. Pour le comité de Direction cela implique un travail de tous les instants sur l’exécution. Il faudra qu’il y ait une énergie constante et que l’on vérifie en permanence que tout ce que l’on a voulu mettre en place se passe effectivement sur le terrain.

vendredi 19 mars 2010

Franchise Expo 2010

Du 14 au 17 Mars 2010 se tenait à Paris Franchise Expo, plus communément connu comme le Salon de la Franchise, une manifestation réunissant sur 4 jours à la Porte de Versailles plusieurs milliers de visiteurs et les stands de dizaines d'enseignes en franchise.
Outre les rencontres avec les professionnels, le salon proposait également des ateliers d'experts traitant des fondamentaux et des aspects juridiques et financiers de la franchise.
J'ai synthétisé toutes ces précieuses informations dans la présentation ci-dessous. J'espère qu'elle vous sera utile.